Je
suis né en 1947 en Bretagne, à Cancale,
un petit port de la baie du Mont Saint Michel,
fameux pour ses huîtres dès le 16eme
siècle. Notre famille descend d’une
longue lignée de gardiens de phares, de
petits pêcheurs, de paysans, d’officiers
de marine, de charpentiers et de corsaires. La
tradition familiale nous voudrait les descendants
directs de Bertrand Du Guesclin (Bertrand Claquin)
, le fameux Connétable du roi de France
au XIV eme siècle. Une bien belle histoire
mais malheureusement Messire Bertrand n’eut
pas d’enfants.
J’ai passé
mon Doctorat en Médecine en 1975 à
Paris. A cette époque j’avais déjà
été séduit par les démons
de l’aventure et de la santé publique.
Je quittai la France en 1972 pour n’y
plus jamais travailler. Au cours des trente
dernières années j’ai pratique
la santé publique et l’épidémiologie
aux Etats-Unis, en Afrique, en Asie du Sud et
du Sud-est et en Asie Centrale. J’ai eu
la chance de participer aux campagnes d’éradication
de la variole et de la poliomyélite.
C’est mon intense curiosité et
mon intérêt pour les personnes
et leurs cultures qui me fait continuer.
J’ai commencé
la photo à l’age de 16 ans grâce
à la générosité
de mon frère (de 14 mois mon cadet) qui
possédait un Foca et qui me le prêta.
Un Asahi Pentax Spotmatic lui succéda,
que j’échangeai plus tard pour
un Nikkormat et un objectif de 105 mm. La veille
de mon départ pour le Bangladesh en Septembre
1972, j’achetai un Nikon F. Je suis reste
fidèle a Nikon bien que j’utilise
aussi des Leica.
Je suis un photographe
amateur autodidacte. Comme le jeune poète
de R.M. Rilke j’ai du moi aussi répondre
aux questions qu’il lui posait : «
Rentrez en vous-même. Cherchez la raison
qui, au fond, vous commande d’écrire
; examinez si elle si elle déploie ses
racines jusqu’au lieu le plus profond
de votre cœur ; reconnaissez le face à
vous-même : vous faudrait-il mourir s’il
vous était interdit d’écrire?
Ceci surtout : demandez vous à l’heure
la plus silencieuse de la nuit : dois –
je écrire ? ». Je crois être
un photographe de gens et, plus précisément,
un photographe « d’images à
la sauvette ». On m’a souvent fait
remarquer que mes images exprimaient une complicité
apparente entre les personnes photographiées
et moi-même. Peut-être est ce que
« j’emprunte » les photos
plus que je ne les vole ? Je suis aussi fasciné
par la photographie de la vie sauvage. Savoir
si mes photos sont bonnes ou non est une vraie
question mais les critiques utiles de photographes
de talent ainsi que mes propres réponses
me poussent sans cesse à écarter
la complaisance et à continuer à
m’améliorer.
“Le moi est haïssable”
disons nous en Français. Je n’ai
commencé à montrer mes photos
que tard dans mon existence, en 2000, sur les
conseils de Moumina Dorgabekova. A ce jour j’ai
présenté 4 expositions photographiques,
toutes au Bangladesh ou j’ai vécu
pendant longtemps.